Le changement de groupe
Le changement de groupe est une demande théorique qui prend son utilité dans des pays où le contexte discriminatoire à l’égard des molosses est fort.
Par exemple en France, les lois anti-molosses conduisent les aficionados du dogo à faire une demande de changement de groupe pour éviter de subir les regards, discriminations et autres inconvénients engendrés par ces lois. Malheureusement, la cynophilie ne tient pas et ne doit pas tenir compte des contraintes sociales, fussent-elles profondément idiotes d’un ou plusieurs pays. Avant tout prime la réalité zootechnique et cynégétique.
Un autre argument des partisans du changement de groupe est la chasse.
Réglementation et groupe cynophile
Mais c’est oublier, qu’en France, seul les lévriers et leurs croisés sont interdits de chasse. Et encore, comment appliquer cette réglementation étant donné que les lévroïdes du groupe V sont autorisés à la chasse. On peut donc chasser en France avec tout type de chien, du moment que ce n’est pas un lévrier. Les partisans du changement de groupe espèrent donner une image chasse au dogo au travers d’une subtilité administrative.
C’est oublier que le dogo n’a pas besoin de cela pour chasser. Dans son berceau d’origine, nul besoin de décision FCI pour faire chasser le dogo. C’est également oublier que les molosses, et c’est là le but de ce site, chassaient bien avant les chiens courant du groupe VI. Le dogo n’a nul besoin d’être rebasculé dans un autre groupe pour prouver ses qualités de chasse. La réalité cynégétique est bien distante de la réalité administrative de la FCI.
Prenons l’exemple d’un groupe cynophile très orienté chasse : le groupe III, celui des terriers. On notera alors que le dogo présente un atavisme de chasse que certaine de race terriers relèguées au rôle de compagnie. A l’intérieur même de ce groupe, les esprits chagrins seraient tentés de pesner que les terriers de type bull ne sont pas chasseurs. Or, pour en avoir vu plus d’un à l’oeuvre (aussi bien staff que staffy) ces races ont conservé un atavisme prépondérant pour la chasse …parfois supérieur à celui des races de compagnie.
Chienne Staffy au broussaillage appartenant M. Silva.
Les chasseurs utilisateurs de la race Jack Russell se plaignent que l’effet de mode que subit cette race a alteré ses capacités de chasse et qu’il convient de choisir spécifiquement une lignée chasse. Ce qui signifie qu’à l’intérieur d’un groupe « chasse » il y a nécessairement des races qui depuis se sont éloignées de la chasse, et qu’au sein même des races de « chasse », des lignées ont émoussé leur atavisme.
Aspect morphologique
Les groupes cynophiles sont déterminés par activités : les chiens courants, les terriers, les chiens de bergers, les chiens de compagnie.
D’autres par morphologie, comme les lévriers qui inclut des lévriers de chasse, de cynodrome ou très fortement orientés compagnie et bien évidemment les molosses.
Le groupe II, celui des molosses n’est pas organisé en fonction ni activité mais par morphologie. Il existe des sous-groupe comme celui des pinschers et dobermann et chien de montagne. Toutefois le groupe II garde comme figure emblématique la tête épaisse et puissante du molossoïde. La cynophilie internationale fait des choix. C’est à dire que pour les terriers de type bull, qui sont initialement des half and half, ont au final été classé dans le groupe de terriers.
Le dogue argentin, de par sa morphologie, dépendante également de son histoire, est incontestablement un MOLOSSE.
Neuf races ont été infusées sur celle de départ : le viejo pelea de Cordoba, chien de combat molossoïde.
Sur ces neuf autres races, seulement deux ne sont pas des molosses, à savoir l’Irish Wolfhound et le pointer. Dans ce contexte de création (8 races sur 10 sont molossoïdes), il est difficile, voire même hypocrite de nier l’évident caractèristique molosse du dogo. Qui fera croire à la FCI, qu’avec leur tête, les Dogues de Bordeaux, les Bulldogs, Boxers, Dogues allemands, Mastiffs etc … qui ont participé à la création de la race, ne sont pas des molosses ?
Même le Montagne des Pyrénées, fait partie du groupe II, du à son gabarit et bien sûr à son origine. Le Bull terrier, également intervenu dans la création du dogo n’a pas vraiment une mâchoire de « moineau ».
Le doguer argentin est donc légitimement classé en groupe II, dans la section molossoïde et c’est tout à fait cohérent. Puisqu’on exige de lui une fonction de prise !
Le dogo, c’est « una cabeza y cuatro patas » ! Il est donc inévitable que l’apport de races molossoïdes avait pour but de construire et renforcer la tête de la race.
Ainsi la caractéristique molossoïde engendre bien une utilité dans la fonction de la race.
Pousser devant ou Rattraper ?
L’argument du changement de groupe est de basculer le dogo dans le groupe VI. Ce dernier est organisé autour de la fonction du chien. Le groupe VI rassemble les races de chiens courants. Issu de la vénerie « classique », la plupart des ces races ont été détournée vers la battue « actuelle ». Ce sont des chiens, qui outre la localisation du gibier, doivent le pousser en aboyant vigoureusement.
L’objectif est soi d’épuiser l’animal, comme dans les laisser-courre, soi de le pousser vers une ligne de tireur poster.
Photo issue du site du club de l’Ariégeois et des bleus de Gascogne
Les aboiements intenses, appelés récris, servent aux tireurs à localiser la trajectoire de l’animal poursuivi et préparer leur tir.
Même s’ils sont classés par fonction, les chiens courants rassemblent de grandes similitudes morpholigiques. Ils ont une tête bracoïde garnie de longues oreilles implantées bas. Ils peuvent courir de longues heures la tête plus oumoins près du sol pour receuillir les émanations. Leur métabolisme musculaire est évidemment tourné vers l’endurance. Aucune force ni puissance n’est requise car la prise n’est pas un souhait pour ces races.
Le dogo, c’est tout l’opposé !
On lui demande non pas de pousser devant mais de rattraper. Ce n’est donc plus de l’endurance qu’on lui demande mais un démarrage explosif, une vitesse maximal, poussée probablement jusqu’à la résistance. C’est donc une morpholgie de course différente et une typologie musculaire totalement opposée. Les chiens courants sont relativement prudents sur leur proie. C’est cohérent puisque celle-ci sera majoritairement prélevée au fusil. Le dogo, on lui demande d’avoir un mental de gladiateur ! et de ne pas lacher prise, grâce à ses masséters puissants.
Un dogo n’a rien à voir avec cette morphologie : 
Nul doute que les partisans français de la bascule en groupe VI se seront focaliser sur la similitude de robe entre le dogo et cette chienne gascon-saintongeoise.
La légitimité du dogo le place au sein des molosses. Il conviendrait sans doute de créer une section des molosses de chasse. On pourrait alors disserter sur la place de cette sous-section, soit dans le groupe II, soit dans le groupe VI et pourquoi pas dans le groupe X (ce qui serait plus génant pour la France …seulement).
Les partisans français du changement de groupe pour le dogo ne sont pas à une contradiction prêt. Quand les épreuves officielles de travail ont été mise en place, la partie pistage a été vivement critiquée. Ces chagrins arguaient de toute leur force que le dogo n’est pas un chien de pistage, ni de sang. Et maintenant, tournant leur veste jusqu’à en faire des moulinets (les éoliens devraient sauter sur l’occasion), ils veulent que le dogo intégre un groupe cynophile caractérisé par ces chiens pisteurs. L e groupe VI inclut également les chiens de rouge.