J’entends ici et là des vents de révoltes, des obscurs, des grouillots, qui veulent tout changer dans le monde du dogue argentin. Serait-ce une révolution ?

Malheur !

Tout d’abord, parce que la révolution signifie retour au même point car la définition c’est « un tour complet ». D’un point de vue politico-historique, la révolution s ‘accompagne très généralement, de crimes expéditifs, barbaries en tout genre. Le gain généré par la révolution justifie t’il tous ces sacrifices ?

La plupart des pays fonctionnent selon un régime démocratique. C’est-à-dire que le peuple désigne plus ou moins directement des gouvernants. Ces gouvernants s’organisent et sont plus ou moins contrôlés par une ou deux chambres. Du point de vue canin, c’est la même chose. Des électeurs votent. Ils désignent un bureau ou comité qui ensuite désigne un Président. Ce dernier dirige le club avec l’oeil plus ou moins contestataire de son comité.

Simple et normalement ça devrait marcher. Normalement ? Prenons l’exemple du CFDA. Son fonctionnement repose sur le principe démocratique décrit ci-dessus. Mais la réalité ne rencontre pas forcément la théorie.

Tout comme en politique classique, le Président du CFDA est un personnage qui occupe le devant de la scène cynophile.

D’abord, il cumule les mandats. Etant éleveur, il souffre forcément d’un puissant conflit intérieur entre ses deux fonctions. Mais cela ne s’arrête pas là.

Evidemment, le Prince s’entoure d’un bureau ou comité allégent. Celui-ci cautionnera toutes les décisions entreprises. Laissant ainsi croire que le fonctionnement est démocratique. Et si jamais un des membres du comité commençait à démontrer un minimum d’indépendance, voire de rébellion, alors il subirait les foudres du club. Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela, c’est le principe politique inhérent à démocratie. D’ailleurs, le Prince ne s’entoure pas forcément des bonnes personnes, on le verra plus tard.

L’électeur peut voter par correspondance. Devinez qui reçoit les bulletins de vote ?

L’histoire ne nous dit pas si les enveloppes sont remises dans l’urne devant une assemblée témoin. Le Président vient-il avec les bulletins dans sa poche et les remet-il dans l’urne le jour de l’élection ?

Qui peut se présenter, qui peut voter ?

Peut se présenter celui qui a au moins trois ans de cotisation au club. Chaque année correspond à une carte de cotisation. Mais bien sûr, nous ne sommes pas dans l’air de la traçabilité. Et donc, s’il lui reste un peu de papier de couleur des années précédentes, une personne du comité (voire le Président lui-même) peut éditer sur le champs les cartes de manière à conférer à un illustre inconnu l’ancienneté suffisante !

Il en va de même pour un électeur qui doit bénéficier d’au moins 3 ans d’ancienneté de cotisation. A l’heure actuelle cette ancienneté requise pour voter ou se présenter n’est pas prouvable car point de registre officiel.

Si l’on m’apportait la preuve que je me trompe dans mes hypothèses, c’est avec plaisir que je les rectifierais sur le site.

Par ailleurs, est votant, toute personne justifiant de l’ancienneté minimum de l’adhésion au club. Faut-il avoir un intérêt particulier pour le dogo ? Non ! C’est le principe de fonctionnement d’une association, tout adhérent à la droit de voter. Mais là, nous sommes dans un cas de gestion d’une race. C’est-à-dire que le premier venu peut exprimer son opinion sur la conduite du dogue argentin en France. C’est un des points faibles de la démocratie, il faut l’accepter !

Mais à l’opposé de la « vraie vie » politique, on pourrait exiger des membres du comité qu’ils aient un minimum d’expérience, un CV autour du dogue argentin. Et bien là encore, ce n’est nullement exigé. D’ailleurs, ce minimum de compétences exigées ne devrait-il pas se retrouver chez tous les producteurs de chiens ? Mais il s’agit là d’un autre débat.

Bref, le club du dogo génère beaucoup de mécontents.

Il faut dire que l’action est quasiment inexistante. Le bulletin, aussi creux qu’une coquille Saint-Jacques de pèlerin, se limite au résultat d’expos. De temps en temps un article pseudo vétérinaire tente de relever le niveau. Et absolument rien, le contraire serait étonnant, sur le fonctionnement du club, la liste des nouveaux adhérents ou tout autre élément qui permettrait de débuter une traçabilité ou un contrôle.

Ce vernis, une fois craquelé, laisse entrevoir le véritable objectif d’un club, gérer la race. Et là, nous tombons dans un désert abyssale. Quid de la gestion zootechnique de la race, de l’aptitude au travail, de la dysplasie, surdité, problème de peau. Non, Non et Re non ! Les adhérents ne sauront rien. Et comme un club vit pour mais aussi grâce aux adhérents, les finances du club sont mal en point.

Pour inverser la tendance, il faut remettre du panache, du piment dans le monde du dogo pour ramener de nouveaux adhérents et supporter les finances. C’est alors que le travail du dogo, initialement chien de chasse, devient un nouvel outil marketing.

Le travail de chasse

Malheureusement, le béotien qui n’y connaît rien à la chasse pensait qu’en France, il ferait avec son dogo exactement ce qui se pratique en Argentine. Mais c’est très différent. Il y a des règles, des lois, à commencer par l’obtention du permis de chasser. Ce n’est pas aussi simple. Il y a donc des déçus, à commencer par le Président lui-même qui trouve que le travail de broussaillage lui coûte plus que cela ne lui rapporte.

Il décide alors de révoquer une équipe compétente pour des gens qui lui promettent monts et merveilles. En faisant mordre à coup sûr le dogo, ils ramèneront aux clubs une multitude de nouveaux passionnés prêts à s’investir dans le dogo. Le club redorera alors son blason. Et c’est le début de la catastrophe. Il s’agit d’une véritable boucherie qui n’a rien à voir ni avec la chasse ni avec le dogo. Le pire, c’est que le minimum légal, très facile à mettre en œuvre n’est même pas respecté.

Des épreuves illégales sont organisées. Des gens sont trompés ! Car ils doivent payer pour quelque chose qui n’a aucune valeur ni existence légale.

Ces nouvelles pratiques initiées par le CFDA créent des émules. Bien sûr, n’ayant rien à voir avec la chasse, ces émules sont à la recherche de sensation forte, de faire-valoir. Ils n’ont pas plus le permis de chasser que de compétence en la matière. Ce sont eux qui soutiennent fermement le club dans cette démarche qui heureusement finira par avorter. Cette cohorte de nouveaux venus entend dicter la marche à suivre pour le dogo. Moins ils sont compétents, plus ils sont affirmatifs. Alors que le travail du dogo mais aussi d’autres molosses était sur la bonne voie, la SCC doit mettre de l’ordre dans ces exactions et demande au CFDA de tout stopper. Cela limite les dégâts d’une diffusion médiatique de ces exactions.

Mais ces apprentis bouchers sont déçus. Ils retournent alors leur veste. Après l’avoir soutenu, ils décident de tout changer au CFDA, à commencer par le Président. Ils se lancent alors dans une quête effrénée d’argument à opposer au Président actuel alors qu’ils ont déjà tout sous la main. En fait, ce qu’ils leur manquent c’est la compétence cynophile. Car ce ne serait pas la 1ere fois que le vizir veut être Calife à la place du Calife.

A tous ces ambitieux de dernière minute, je réclame donc qu’ils divulguent leur programme.

C’est bien joli de vouloir éliminer l’actuel Président du CFDA, mais pour faire quoi ensuite ?

Je doute fort qu’à l’heure actuelle, ils n’en ont aucune idée.

Mais ce n’est pas le pire ! Faisant mine d’oeuvrer pour le dogo, ces obscurs vont inventer des arguments : le changement de groupe !

Le changement de groupe

Pour réagir : ledogoauboulot@yahoo.com