Il faut d’abord trouver le gibier.

Localisation

C’est pour cela que, quelque soit le type de chasse, les chiens doivent être doté d’un bon nez et surtout d’une passion pour l’animal de chasse.

phoebus-pistage-sanglier Cette passion permettra d’éduquer et de développer le nez du chien. elle permettra ausi d’avoir un animal créancer pour l’animal de chasse et qui se laissera peu perturber en cas de ruse. A l’époque de Gaston Phoebus, les chasseurs utilisaient un chien spécifiquement dédié à la recherche d’un pied frais.

Ci-dessous, une iconographie issue de la Tapisserie de Maximilien. On y reconnait sans peine un chien de pied de l’époque, les oreilles s’allongent et le poil se « griffonne ».

maximilien-chien-de-pied

Un autre aperçu, issu de la même tapisserie, d’un chien griffonné. ce type de chien sont les ancêtres des chiens courant actuels. Ces chiesn sont représentés le nez au sol.

maximilien-griffon

Soulignons qu’en Argentine, c’est l’alan vautrait léger, autrement dit le puntero, qui effectue cette localisation. Cette localisation est donc opérée par des chiens fins de nez.

Poursuite

Une fois le gibier localisé, les chiens se précipitent.

Parce que le gibier, généralement, n’attend pas cette meute « lourde »  qui semble déterminée.

Démarre alors une poursuite dont la longueur est dépendante de :

  • la rapidité des chiens légers
  • la volonté du gibier de ruser, de forlonger ou au contraire d’engager le combat

Quand la pression des poursuivants est trop forte, le gibier s’arrête, le plus souvent dans un lieu qui l’avantage, pour livrer combat.

La fonction du puntero est donc de rattraper le sanglier, de l’harceler en lui mordant l’arrière-main de manière à ce qu’il stoppe sa course pour livrer combat. C’est ce que l’on appelle en chasse traditionnelle le ferme.

Un jeune  dogo et un jeune cané poursuivent une bête de compagnie qu’ils ont isolé

sanglier dogo cane

Alors que le sanglier bifurque, le cane corso tente de le coiffer en tête

sanglier cane corso

La lutte

C’est alors que les chiens plus lourds rejoignent le pack. Le sanglier qui s’attendait à se défaire, par quelques coups de butoir, des chiens légers, doit alors faire face à un renforts de chiens plus lourds, plus mordants maintiendront une prise forte, un étau indéserrable.

Le piqueux pourra alors intervenir pour servir l’animal.

Soulignons qu’il peut arriver que des punteros mordant effectuent eux-mêmes la prise.

Les conditions de la réussite

Ce récit peut sembler idyllique. En effet, le sanglier va utiliser toutes les ruses et sa force pour sauver sa vie d’animal farouche.

- La distance de fuite

Plus la distance de fuite est grande, moins les chiens auront de chance d’attraper le sanglier. Ceci est valable dans son biotope avantageux. Dans une plaine dégagée ou marécageuse, cette distance de fuite sera ssurément moins protectrice que s’il avait des fourrés denses et épineux pour le dissimuler.

Cette notion de distance de fuite impose d’avoir des chiens rapides mais aussi fin de nez. Les chiens qui ne chassent qu’à vue se feront semer et une fois qu’ils perdront de vue le sanglier, à la faveur d’un crochet judicieux, ils rentreront bredouille.

Au contraire, des chiens qui savent travailler avec leur nez colleront au sanglier. Leur qualité olfactive les aidera lors des ruses du sanglier qui, compte tenu de la course effrénée dans laquelle il s’est lancé, n’est jamais très loin.

- Le lieu du ferme

S’il doit combattre, le sanglier recherchera un lieu qui l’avantage par rapport aux chiens. Ce sera souvent un lieu dense, épineux où son passage devient le passage obligé des chiens mais un par un. Ainsi protégé, il s’accule face à l’arrivée du chien.

Il peut alors ajuster sa charge avec violence sur le premier venu.

Le lieu du combat qui avantage les chiens est donc un lieu qui permet à aux chiens de prise d’intervenir en même temps en faisant jouer le nombre.

Si un tel lieu n’est plus accessible pour le sanglier, il s’accule alors à un arbre, à une souche pour « cadrer » l’arrivée de ses adversaires.

Conscient des avantages que lui confèrent son lieu de repos, le sanglier peut se refuser à quitter sa remise et préférera livrer combat sans se fatiguer par une fuite.

Le sanglier peut aussi mettre en place un ferme roulant. C’est à dire qu’il alterne des ruses de fuite et des épisodes de bref combat. Par cette stratégie, il espère disperser la meute qui l’assaillit.

A chaque assaut, il blessera quelque peu un ou plusieurs chiens, sans jamais réellement faire front à l’assaillant principal.

- La qualité de la prise

De jeunes chiens pourraient être tentés pa rune prise sur le cuissot du sanglier qui fuit. Cette partie est massive, musclée, c’est comme mordre dans un ballon de foot. Le sanglier se retournera alors pour infliger au chien un coup de boutoir au chien qui lachera prise.

Le rôle du chien de prise est de coiffer en tête. Les meilleurs chiens ont cet atavisme inné. Le chien saisira à la joue, à l’oreille, au groin, ou sur la nuque pour les animaux de faible poids.

Par cette saisie en tête de plusieurs chiens, la meute réduit considérablement les mouvements de tête du sanglier et limite les risques de blessures des chiens comme de l’homme.

D’où l’importance d’avoir une meute homogène, dont les chiens de force parviennent en même temps (de même pied). Il suffit malheureusement de quelques secondes d’écart pour que le premier chien en prise soit sérieusement blessé.

- L’intervention de l’homme

Une fois immobilisé par la meute, l’homme a le temps de rejoindre la scène. Lors de la prise, les chiens plus légers ne se font pas priés pour eux aussi faire prise sur le sanglier. Là encore, les bons chiens à l’atavisme poussé feront prise en tête malgré le peu de place qui restera.

L’homme doit intervenir rapidement, d’une part pour mettre un terme à la souffrance du gibier mais aussi pour limiter au maximum les risques de blessures des chiens.

Le sanglier tentera de mordre quelques pattes qui trainent, une queue, une oreille. Un chien blessé est un chien qui tiendra moins bien sa prise.

L’homme, pour servir sa meute, doit donc toujours être au plus près d’elle.

Ce qui suppose une excellente condition physique, une maîtrise de son cheval et une connaissance pointue de son territoire de chasse.

Quelques vidéos

En Australie

une excellente condition physique, une maîtrise de son cheval et une connaissance pointue de son territoire de chasse.