Le loup

Le poids moyen du loup gris commun tel que l’on peut le rencontrer en Europe Occidentale avoisinne les 50 kg. En Asie Centrale, Sibérie ou Amérique du Nord, ce poids peut être dépassé. On rapporte des poids de 90 à 100 kg pour des grands mâles.

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Les loups rencontrés dans les alpes franco-italienne, dont la souche est visible au Parc Alpha de Saint Martin de Vésubie ont l’apparence de bergers allemands.

Ci-contre, le Grand mâle d’une des meutes du Parc alpha.

Cet animal est majestueux, c’est le dominant de la meute. Mais si l’on regarde les autres sujets de la meute, ils sont  moins impressionnants.

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous un loup appartenant à la même meute.

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une femelle

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Contrairement aux molosses, l’épaule et la cuisse n’ont pas une apparence puissante. L’abondance de poil ne permet pas de constater l’arçure de l’encolure. Pas de quoi les rendre effrayant tellement ils sont semblables aux bergers et autres chiens du groupe V.

Mais c’est sans compter leur capacité de chasse, leur faculté à organiser la meute pour atteindre leur objectif. Et surtout leur formidable machoire portée par une tête imposante. Un loup de 36 kg possède un crâne de dimension égale à celui d’un chien de 70 kg. Des muscles puissants ne peuvent s ‘attacher que sur des structures osseuses résistantes.

Les puissantes machoires du loup passent pour plus modérées à cause de l’abondance de poil sur la tête et aussi à cause de l’allongement de la gueule. Car chez les chiens à fort développement des machoires, la tête est souvent courte et la longueur du chanfrein ne dépasse pas la longueur du crâne.

 Pour une même longueur , le volume du crâne du loup est supérieur en moyenne de 30 %. Cela est du à une diminution du volume du cerveau couramment observé chez les espèces domestiquées comparées à leur ancêtre sauvage. Cette diminution  est due à la la réduction du néocortex, les animaux domestiqués perdant des capacités d’analyse en provenance des organes des sens.

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Ainsi, à taille comparable au chien, le loup dispose d’un crâne plus important à cause de la dentition plus importante, d’un cortex plus développé, des masséters plus volumineux.

Le loup est donc une merveilleuse création de la Nature. Ses sens sont aiguisés, ses machoires puissantes et ses carnassières robustes pour broyer les os et en tirer la moëlle qui subsiste à l’intérieur.

La domestication a érodé ces facultés au profit d’autres plus utiles à l’homme.

Origine

A part pour quelques esprits chagrins qui espèrent que notre chien domestique actuel descende du chien sauvage (canis lupus dingo) comme on peut en croiser dans certaines zones, il y a suffisamment de faits scientifiques qui confirment l’ascendance lupine du chien comme hypothèse la plus probante.

Cell + MitochonL’analyse la plus probante fut réalisée avec l’ADN mitochondriale.

Chaque cellule contient un petit organite qui lui est très utile, la mitochondrie. En échange de nutrition et de protection, la mitochondrie (plusieurs dizaines) fournit de l’énergie à la cellule. Tout comme cette dernière, elle possède son propre ADN.

Schéma d’une cellule eucaryotes avec ses organites, n°9 les mitochondries.

 

 

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En revanche, elle ne subit pas de reproduction sexuée. La mitochondrie n’a donc pas de brassage de son ADN avec un autre individu de son espèce.

Ainsi, dans la filiation des mitochondries, s’il y a des écarts, c’est uniquement du aux mutations qui surviennent de manière aléatoires. Les variations dans les ADN mitochondriaux à l’intérieur d’une même espèce sont donc faibles.

 Les dernières recherches ont démontré que les variations d’ADN mitochondriaux entre chiens sont supérieures aux variations. Ce qui signifie l’extrême proximité phylogénique du loup avec le chien au point d’en faire son ancêtre.

Le chien (Canis lupus familiaris) est donc un loup qui fut domestiqué par l’homme. Le 1er contact se fit il y a 12 à 15 000 ans. Le chien fut le 1er animal domestiqué et on verra pourquoi.

Les recherches archéologiques ont montré qu’il n’y a pas une seule origine géographique à cette domestication. Ce qui signifie qu’elle a eu lieu en plusieurs endroits, par différentes ethnies humaines et avec différentes souches de loup. Ce qui expliquerait également la large fourchette de la datation. Si la pluralité d’origine est convenue, l’objectif puis le résultat sont communs : les mêmes causes produisent les mêmes effets

Mécanismes de domestication

Pourquoi

Si l’homme domestique le loup, c’est qu’il y trouve un intérêt.

Si l’espèce loup vient à supporter la domestication de manière pérenne au point d’en devenir l’espèce « CHIEN », c’est qu’elle aussi y trouve un intérêt.

On appelle ce partage des bénéfices le commensalisme.

Pourquoi le loup fut-il la 1ère espèce domestiquée : Parce que ce fut le plus facile et le plus efficace rapidement.

Le loup est, tout comme l’homme, une espèce grégaire. Ce fonctionnement social est d’autant plus poussé qu’il est un des piliers de la prédation du loup. L’organisation sociale du loup est déterminante dans sa nutrition est dans l’élevage des petits. Cette organisation sociale nécessite des process de communications. Or, cela existe déjà chez l’homme, aussi primitif soit-il.

Le louveteau errant retrouve donc chez l’homme quelques repères, tout comme l’homme perçoit aisément la coopération que le loup peut lui apporter.

Le loup chasse en meute, s’il est seul son apport nutritionnel est moindre.

Le mouton n’étant pas encore domestiqué, un loup isolé blessé, vieillissant, ne peut s’attaquer aux troupeaux. Le loup a donc trouvé dans l’homme un « approvisionneur » en ressources alimentaires. D’un point de vue social et nutritionnel, l’homme devient un collaborateur adéquat pour le loup.

Ce qui est moins vrai pour les herbivores domestiques, puisqu’à l’instar des chevaux redevenus sauvages, l’animal qui se soustrait de la domestication peut rapidement trouver de quoi se nourrir dans son milieu.

Comment

Les animaux sauvages ont naturellement peur de l’homme, cet animal a deux pattes, qui marche redressé et qui les chasse depuis la nuit des temps. Toutefois, par simple réflexe pavlovien, le loup a constaté que l’alimentation de l’humain générait des déchets dont il pouvait profiter. Ainsi, les loups qui restaient à proximité de l’homme, en mettant en silence leur peur ancestrale disposait de ressources alimentaires supérieures.

Ces loups proto-domestiqués avaient une fonction d’éboueurs et d’équarrissage. A l’époque, l’humain ne tirait aucun profit de ces fonctions « sanitaires ». Tant que les loups ne manifestaient pas d’agressivité à l’égard des humains, ces derniers les toléraient.

On peut même penser qu’ils les toléraient pendant l’acte de chasse, les loups proto-domestiqués souhaitant être au plus proche des résidus carcasses, notamment pour se repaître des viscères que les humains dégageaient pour alléger les carcasses à ramener au campement.

Il se peut même que dans cette situation de départ de chasse, le loup parvienne à capturer une proie avant l’homme. Celui-ci s’en aperçoit et s’empare de la carcasse. Le loup qui se rebelle contre ce vol a peu de chance de survivre. Mais celui-ci qui l’accepte et reste à proximité de l’homme pour bénéficier de quelques restes.

La sélection naturelle a fait le reste :

Les loups qui toléraient la proximité de l’homme, sans manifester d’agressivité, avaient accès à plus de ressources.

Cette proximité du loup proto-domestiqué avec l’homme engendre une autre hypothèse, tout aussi cohérente et qui n’exclut pas la précédente, c’est la capture.

Bien que notre civilisation a considérablement évolué, il n’est pas rare que des chasseurs épargnent et protègent des jeunes tandis que leurs parents ont été abattu. L’homme préhistorique a pu faire de même, capture facilitée par la proximité des loups proto-domestiqués.

Au début, cette capture a une finalité alimentaire. Mais le louveteau ainsi capturé, même s’il réussi à s’échapper en rognant son lien, garde alors une désensibilisation supplémentaire car il fut nourri de la main même de l’homme.

Excepté dans quelques civilisations où cela se pratique, l’homme a souvent une réticence à consommer d’autres prédateurs, empêchant ainsi la propagation de parasites supplémentaires.

Un prédateur se trouvant en bout de chaîne alimentaire, il concentre donc le parasitisme. Cette réticence à consommer de la viande de mammifères prédateurs est confirmée par la domestication des animaux de « viande » qui sont des herbivores. A de très rares exceptions, peu d’ethnie élèvent des carnivores à vocation d’alimentation, même si cette pratique est parfois rencontrée.

De plus les caractères néoténiques du louveteau incitent l’homme à la clémence.

Utilité : chasse et garde puis troupeau

Chasse

Qu’il y est capture ou non de jeunes louveteaux, les loups proto-domestiqués tirent bénéfices de cette proximité. En retour, indirectement, puis directement, l’humain tire un avantage de cette coopération avec le loup lors des actes de chasses. Grâce à son flair le loup proto-domestiqué localise les proies « préférentielles », blessées, affaiblies …qui auront peu de chance dans la fuite. S’il agit d’une battue, la rapidité du loup lui permet de stopper les animaux qui se dérobent.

Garde

Comme toute espèce grégaire, le loup défend ses ressources. Pour défendre son territoire contre l’intrusion d’intrus, les loups mettent en place une communicant subtil qui échappe à l’homme. Le loup n’aboie que très peu, ce sont plutôt des jappements, bien plus fréquents chez les jeunes.

Ainsi l’homme tolérait encore mieux les loups qui manifestaient le plus bruyamment l’arrivée d’intrus. Etait-ce une simple tolérance ou alors un début de sélection. On ne peut le dire. Toujours est-il que cette nouvelle « fonctionnalité » du loup l’a encore plus poussé vers la domestication.

D’auxiliaire de chasse, le loup proto-domestiqué devient auxilaire de garde. On peut même envisager de l’appeler chien à ce moment là.

Les fonctions physiologiques se transforment en outil pour l’homme. Le flair, s’il permet de chasser, il aide aussi à détecter plus rapidement les intrus et éventuels dangers à deux ou quatre pattes. La morsure est une arme de chasse. elle deviendra également une arme pour repousser les adversaires qui convoitent les ressources. Entre la garde et la défense, il n’y a qu’un pas.

Troupeau

Une des techniques de chasse consiste à circonscrire la harde, identifier l’individu le plus faible, l’extraire du groupe puis l’attraper pour le tuer. Les prédateurs savent très bien approcher une harde, en rampant, tapi au sol pour ne déclencher leur attaque qu’au dernier moment sur l’individu choisi tout en évitant introduire la panique à l’ensemble. D’ailleurs, le reste du troupeau, en manifestant une étarnge tranquilité, semble avoir compris que l’attaque du prédateur sera circonscrite sur un seul des leurs.

Cette séquence est intéressante pour l’homme si elle s’arrête avant la mort de la proie. Le chien de conduite (car le troupeau peu également être protégé) doit donc avoir un certain sens de l’analyse pour détecter et anticiper les réactions du troupeau. Il sait détecter l’animal errant qui s’écarte du troupeau,mais il ne l’attrapera pas, il le repoussera vers le reste du troupeau.

La 1er mission du chien de berger est de circonscrire le troupeau et de ramener les bêtes égarées. Ensuite peut lui demander des activités plus complexes comme d’isoler une partie du troupeau, ou une des bêtes ou encore de le pousser dans une direction voulue. Tout comme jadis quelques la meute était chargé de pousser la harde en direction des loups les plus forts qui sont chargés de stopper net la proie choisie.

Ainsi donc, les premiers hommes domesticateurs du loup ont trouvé dans celui-ci une aide, un auxiliaire.

Sélection zootechnique

 Les 1ers hommes ont vite compris qu’ils pouvaient améliorer les outils que la Nature leur offrait. Ils se sont mis à tailler des silexs, épointés des bouts de bois pour en faire des épieux. Et si ces épieux étaient suffisamment droits et équilibrés, ils pouvaient alors s’en servir de javelot. Le loup devenu chien est un outil. L’homme pouvait alors améliorer cet outil par la sélection. Très tôt l’homme a compris le principe de la contre sélection. Il s’est rendu compte que si une louve proto-domestiqué quittait l’environnement humain pour aller chercher un partenaire sauvage, alors les petits issus de cette descendance ne montraient les mêmes prédispositions à vivre avec et à servir l’homme. Dès lors, il lui suffisait d’attachait la femelle pour l’empêcher d’être fécondé par un loup sauvage mais au contraire il la réservait à un autre loup protodomestiqué de la meute. C’était le sprémices de la sélection.

 

Il ne restait plus ensuite à l’homme qu’à croiser entre eux les individus qui présentaient les meilleures performances.

 

Les morphotypes

 

Néoténie