Historique
Aïeul d’Henri IV, Gaston Phoebus est Comte de Foix, Seigneur de Navarre. Sa passion est la chasse qu’il décrira dans un ouvrage assez connu.
Il y décrit un type de chien sélectionné spécialement pour ce type de chasse : l’Alan.
L’Alan vautret
Vautré, vautret, ou vautrait étymologiquement de « vautre », terme probablement issu de la façon du sanglier de se bauger.
L’alan est un molosse qui se divise en trois grands types :
- L’alan gentil
- L’alan vautret
- L’alan vilain
L’alan gentil, d’un physique plus léger, se rapprocherait du lévrier. Rappelons que cette race (ou plutôt type racial) était le seul canidé, de par sa noblesse et son élégance, à accéder au château.
L’alan vilain, est le molosse de garde dont la « gueule » fait peur, dissuade. Il semble aussi que l’alan vilain fut l’ancêtre des bouviers, les chiens de bouchers, dont la fonction était assurément plus la protection de ces artisans et de leur cheptel que la réelle conduite du troupeau. L’alan vilain est tout de même plus athlétique que le molosse pur. On peut penser que le ROTTWEILLER, BOXER et CANE CORSO représentent aujourd’hui l’idée que l’on pourrait se faire de l’alan vilain.
L’alan vautret est un lévrier mastiné de molosse. C’est un mix alliant la rapidité du lévrier à la puissance et la résistance du mâtin. On retrouvera ce type de chien dans quasiment tous les pays et toutes les époques.
Ci-dessous, un triptique du XVe d’Andrea Mantegna
Gros plan sur les molosses de la partie droite, exacte de reproduction de l’Alan Vautret, identique au dogue argentin d’aujourd’hui.
La Tapisserie de Maximilien fait apparaître des alan semblables. On remarque la prédominance de la robe « Danoisée ». En effet, les grandes taches blanches, comme sur le dogue allemand arlequin (le grand Danois est appelé Alano en Italie – Danois est l’adjectif qui se rapporte à la robe arlequin) rende le chien plus visible lors de l’action de chasse. Surtout lors de la lutte avec le sanglier, il y a un contraste des robes.
Sur l’illustration ci-dessous, il y a un contraste entre le finesse de tête de ces deux chiens qui les classe en lévriers et la puissance et l’épaisseur de leur musculature qui démontre que ce sont des alans.
L’illustrateur de cette tapisserie savait assurément distinguer les deux types de chiens puisqu’il a parfaitement représenté le lévrier ci-dessous :
Il est évident, encore plus à l’époque que maintenant puisque la fonction prime sur la morphologie, que le type ALAN VAUTRET n’est pas totalement homogène. Bien que le blanc prédomine, il y a des fauves plus ou moins charbonnés. En fonction des iconographies, les alans ont ou n’ont pas les oreilles taillées, le poil est ras mais on peu y voir des cuisses et des queues frangées.
Les fréres Nores Martinez ont créé le dogo argentino à l’identique de cet alan vautret.
Les australiens ont mâtiné le lévrier avec du dogue allemand, bullmastiff, boxer ou bull terrier pour créer le bull arab. Il existe un bull arab léger, construit à partir de Saluki/sloughi (d’où l’appellation arab) et de bull terrier d’une part. D’autre part, le bull arab plus lourd construit autour du Danois, du bull mastiff sur du lévrier Irish Wolfhound.
Aux Etats-Unis, on chasse le feral hog (le solitaire « errant ») de la même façon, avec du bulldog américain et des chiens plus légers. Les cas rencontrés font état non pas de lévriers mais de chien courant bien gorgés qu’ils appellent les chiens aboyeurs, les bay dogs.
Rappel historique sur le molosse
Après le lévrier, le molosse est la plus ancienne des races canines.
Dans le sens où elle a subi très précocement une pression de sélection organisé et rentable de manière à obtenir les meilleurs animaux prédisposés aux tâches qu’on allait leur confier.
Or, la tache première des molosses est bel et bien la guerre (activité intimement liée à la garde). Au péril de sa vie, il doit tuer l’adversaire.
Quand le molosse luttait, c’était pour vaincre ou mourir.
Les premiers molosses rencontrés dans l’histoire sont des protecteurs de troupeau d’Asie Centrale (Molosse est le qualificatif des tribus rencontrées en Epire) origine du mot Molosse
Ce premier chien molosse est du type montagne puisque dédié à la protection des troupeaux. Il étend alors sa fonction à la garde.
Ci-dessus l’on peut voir un molosse noir et blanc, du type montagne, sur la peinture de JORDAENS représentant Jésus chassant les marchands du temple.
Les premières armées organisées (Grecs puis Romains) commenceront alors à l’utiliser de manière systématique au combat. Il sera également utilisé au dans les arènes pour combattre toutes sortes d’animaux.
Il perd son pelage long qui le protégeait du froid au profit d’un poil ras qui met en valeur sa musculature afin d’intimider l’adversaire ou les spectateurs. Le molosse de type dogue, à tête lourde, presqu’hideuse se sépare alors de son ancêtre le molosse de type montagne.
C’est plus tard, par sélection que l’homme va renforcer la lourdeur de la tête pour créer les chiens de taureaux, les bulldogs. Ces chiesn ont la tête courte. La brachycéphalie est souvent associée au prognathisme inférieur. Les races qui présentes ce caractéristiques sont le bulldog anglais, le boxer, le dogue de Bordeaux. On nous dit que ces caractéristiques étaient essentielles à la prise du taureau.
Cependant, il est à noter que les chiens de prise tels que le dogo, l’amstaff et même les chiens de bergers soumis au travail de mordant n’ont pas besoin de la brachycéphalie/prognathisme pour assurer leur prise. De plus, par sélection excessive (l’hypertype), on s’est rendu compte que la caractéristique brachycéphalie/prognathisme était associée à des prédispositions aux troubles cardio-respiratoires (souffle au coeur, sténose aortique, sensiblité à l’anesthésie, rétrécissement de la trachée).
Un des exemples typiques en sont les difficultés respiratoires de ce type de chien. Le boxer semble faire exception mais reste prédisposer au souffles du coeur. Une sélection visant à réduire cette brachycéphalie/prognatisme améliorerait encore les qualités sportives de cette race.
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